QUAND LYON AVAIT SA PISTE DE SKI

Non, vous ne rêvez pas, une station de ski a bien existé sur les hauteurs de Lyon. Inaugurée en 1964 par Louis Pradel,
la descente de la Sarra, sur les pentes
de Fourvière, a émerveillé les Lyonnais.

Plus besoin de se déplacer
pour aller aux sports d'hiver

Avec la Saône en contrebas et la colline de Fourvière comme décor montagneux, la descente de la Sarra est assurément une piste de ski singulière.

Perchée à 280 mètres d'altitude et desservie par un télésiège moderne, cette piste artificielle est imaginée par Tony Bertrand, adjoint aux Sports du maire de Lyon Louis Pradel, lors d’un salon à Paris, où il entend parler d’un revêtement révolutionnaire fabriqué en Italie, en 1963.

Un tapis en fibres synthétiques

Le 29 novembre 1964, l'idée est devenue réalité. Le maire de Lyon inaugure la piste. Les Lyonnais n'ont désormais plus à se déplacer pour se livrer aux joies des sports d'hiver.

Avec une pente de 20 %, la piste mesure 300 mètres de long pour 30 mètres de large. En guise de neige : un tapis en fibres synthétiques accessible aussi bien aux néophytes qu'aux skieurs chevronnés.

La station dispose d’un télésiège et même de moniteurs. Pour les sportifs, des vestiaires sont installés et un système d’éclairage leur permet de skier à la nuit tombée.

[object Object]

INAUGURATION EN GRANDE POMPE

1964 | Lyon devient ainsi la seule ville d’Europe à posséder une piste de ski urbaine. Quelque 5 000 personnes sont venues assister à l’ouverture de la piste, inaugurée par Louis Pradel.
L’équipe suisse de ski donne un spectacle de haut niveau.

« Premiers pas sur les planches »

Un succès populaire immédiat

Avec une fréquentation en constante progression,
la station a rapidement été victime de son succès.

Les chiffres sont impressionnants : 270 000 entrées payantes
par an ! Au total, plus de deux millions de remontées mécaniques ont été comptabilisées de 1964 à 1975.

Malgré ce succès populaire, l'équilibre financier peine à être
assuré et le tapis, qui sert de piste, finit par s'user rapidement. Initialement de couleur bleue, il est remplacé en 1973
par un nouveau revêtement, blanc comme neige.

Brûlures et doigts cassés

Mais face à des accidents répétés, la piste est fermée en 1975, dans l'attente de trouver un matériau plus résistant et moins dangereux.

Les chutent causaient, en effet, d'importantes brûlures aux skieurs et de nombreux doigts se sont brisés en voulant s'accrocher
aux rectangles de plastiques.

1973 | Les skieurs de l'équipe de France ouvrent
une compétition de ski parallèle sur la Sarra

Début du reportage sur la Sarra à 16'03.

LE PROJET LAISSÉ À L'ABANDON


1975 | Faute de moyens, le projet est abandonné l'année suivante.
La nouvelle municipalité s'est désintéressée du sujet, laissant ainsi le domaine
à l'abandon. Des pillages et des dégradations ont même été constatés.

1991 | Laissées en état pendant seize ans,
la piste et la remontée mécanique sont entièrement démontées pour laisser place à l'actuel parc
des Hauteurs.

LA RENAISSANCE ÉPHÉMÈRE

Une opération ramène
la neige à Fourvière

2003-2004 | La société Skimania et le Comité de ski Lyonnais organisent, en partenariat avec la Ville de Lyon et le domaine skiable des Sybelles, l’opération Station Lyon Neige.

L’objectif est de faire revivre ce site atypique durant
un gros week-end. Lors de la deuxième édition,
deux fils-neige ont été installés pour remonter
les skieurs au sommet de la Sarra.

3 000 m3 de neige ont été récupérés sur la route
du Col de l’Iseran et au sein des stations de Saint-
Sorlin-d’Arves et de Saint-Colomban-des-Villards.
Une compétition de slalom y a même été organisée.

Source : www.stationsfantomes.wordpress.com

DÉSORMAIS, PLACE AUX VTT

Aujourd’hui, ce sont les VTT qui investissent la descente l’été avec une piste officiellement tracée, notamment lors de la Lyon Free. Mais les coureurs s’y aventurent également, à l’occasion de l’Ultra boucle mais également lors du Lyon Urban Trail et Lyon Urban Trail by night. Mais l’hiver, lorsque la ville se revêt de neige, il n’est pas rare de croiser encore quelques skieurs en quête de sensations fortes...

Réalisation Hugo PONCET