Marin, une affaire de courage

Marin Sauvajon est un jeune étudiant lyonnais. Le 11 novembre 2016, il est violemment frappé à l’arrêt de bus devant la gare de la Part-Dieu parce qu’il défendait un couple qui s’embrassait. A 20 ans, il est laissé pour mort par son agresseur, aujourd'hui condamné par la justice. Depuis il se bat pour sa rééducation. Et il n'est pas seul.

Le 11 novembre 2016, la vie de Marin Sauvajon a basculé. Photo DR

Le 11 novembre 2016, la vie de Marin Sauvajon a basculé. Photo DR

Le 11 novembre 2016, la vie de Marin Sauvajon a basculé. Photo DR

Depuis les faits, en 2016, jusqu'à aujourd'hui, l’histoire de Marin émeut la France entière et bien au-delà.


L'agression de Marin a créé une onde de choc. Par son ultra-violence et la futilité de son motif.


Sur le site internet du Progrès qui suit l’affaire depuis le début, le premier article est lu par 160 000 internautes. L’émotion se diffuse bien au-delà du département du Rhône.

Archives Le Progrès, édition 13 novembre 2016.

Archives Le Progrès, édition 13 novembre 2016.

Archives Le Progrès, édition 13 novembre 2016.

« Marin a été projeté par la violence du coup dans les bras de Clémentine, sa petite-amie rapporte Anne-Claire, la tante de l’étudiant. Il convulsait et du sang s’écoulait de ses oreilles mais son agresseur a continué à taper. Marin a été intransportable pendant une heure. »

Le 11 novembre 2016, la vie de Marin et de sa famille bascule à jamais. Le jeune étudiant est très gravement blessé. Il est transporté à l’hôpital dans un état critique. Pour sauver Marin malgré le pronostic pessimiste du corps médical, une chaîne d'espoir et de soutien se met en place.


Un retentissement national


Audrey et Fabrice, les parents de Marin sont submergés par les appels téléphoniques. Anne-Claire et Antonia, les deux sœurs d’Audrey domiciliées à La Réunion et en Espagne, lancent alors très vite et administrent une page Facebook en accord avec la famille du jeune étudiant.

Ouverte pour partager des nouvelles avec les amis et la famille, la page “Je soutiens Marin” reçoit des messages de soutien qui arrivent par milliers. Les commentaires, les marques de sympathie affluent.

Capture d'écran Facebook

Capture d'écran Facebook

Capture d'écran Facebook

«L’objectif de cette page, c’est donner de la force à Marin, qu’elle soit comme un guide qui le ramène dans la lumière auprès de nous. Nous lui lisons beaucoup de messages, nous accrochons des photos dans sa chambre en les lui expliquant. Cela rend le sentiment d’injustice de la famille plus facile à porter et nous pensons qu’il en sera de même lors de son réveil», explique alors Anne-Claire, la tante de la victime.

A ce jour, la page est suivie par 205 500 abonnés qui continuent, avec régularité, de prendre des nouvelles de Marin et d’encourager ses progrès et ses projets. Elle est une fenêtre sur le quotidien de Marin qui y donne régulièrement de ses nouvelles.

« On a refusé que Marin soit un légume. Tous, on s’est dit non ! La page Facebook a été décisive pour garder cet espoir. Tous ces messages, c’est extraordinaire. On en reçoit plus de 300 par jour, seul 1/10e est affiché sur le mur. »
Audrey, la maman de Marin

Des internautes de tous âges, des victimes d’agression dans les transports en commun, de viols, des gens ayant été dans le coma écrivent. Un formidable et précieux soutien pour la famille.

Sans les réseaux sociaux qui ont relayé inlassablement le drame quotidien vécu par Marin et ses proches, ce terrible fait divers aurait-il eu cette résonance incroyable dans la France entière qui a perduré bien au-delà du temps médiatique?

L'hôpital neurologique de Bron a soigné Marin pendant plusieurs semaines. Photo Le Progrès/ Maxime JEGAT

L'hôpital neurologique de Bron a soigné Marin pendant plusieurs semaines. Photo Le Progrès/ Maxime JEGAT

L'hôpital neurologique de Bron a soigné Marin pendant plusieurs semaines. Photo Le Progrès/ Maxime JEGAT

Régulièrement, Marin donne des nouvelles de son état de santé. Capture d'écran Facebook-1er sept 2019

Régulièrement, Marin donne des nouvelles de son état de santé. Capture d'écran Facebook-1er sept 2019

Régulièrement, Marin donne des nouvelles de son état de santé. Capture d'écran Facebook-1er sept 2019

Marin est engagé dans un très long et difficile parcours de soins. Il ne baisse pas les bras. Son courage fait l'admiration de tous. Capture Facebook "Je soutiens Marin"

Marin est engagé dans un très long et difficile parcours de soins. Il ne baisse pas les bras. Son courage fait l'admiration de tous. Capture Facebook "Je soutiens Marin"

Marin est engagé dans un très long et difficile parcours de soins. Il ne baisse pas les bras. Son courage fait l'admiration de tous. Capture Facebook "Je soutiens Marin"

La création de l'association "La Tête haute"

Pour Marin et les patients cérébrolésés.

Capture d'écran

Capture d'écran

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Décrit comme "la personne indispensable des repas de famille, à ses amis", Marin est également brillant. Grâce à la page Facebook qui donne de ses nouvelles, on apprend qu’il étudie le chinois et qu’il a obtenu son bac avec mention très bien.

Marin est promis à un bel avenir, jusqu’à ce 11 novembre 2016 où tous les projets s'écroulent.

Une maman très impliquée, militante

Trois semaines plus tard, c’est cette page Facebook "Je soutiens Marin" qui donne une information encourageante pour le jeune homme : il est sorti du coma.  « On n’ose à peine vous écrire ces mots : Marin a été extubé et il est autonome au niveau respiratoire. De plus, il vient de débuter sa phase de réveil ». 

Audrey Sauvajon est la maman de Marin. C'est elle qui crée l’association « La Tête haute » et en prend la présidence.

« Nous avons mis longtemps avant de décider d’accepter votre aide. Mais devant l’ampleur de la tâche et du travail qui attendent Marin, impossible de faire sans votre soutien. »
Audrey Sauvajon, février 2017
Audrey Sauvajon, la mère de Marin, en 2017. Photo Le Progrès/ Annie DEMONTFAUCON

Audrey Sauvajon, la mère de Marin, en 2017. Photo Le Progrès/ Annie DEMONTFAUCON

Audrey Sauvajon, la mère de Marin, en 2017. Photo Le Progrès/ Annie DEMONTFAUCON

Au départ, cette association a pour objectif premier d'organiser la solidarité autour de l'aide à la prise en charge les soins de Marin.

"Je témoigne pour l’association, pour que les gens sachent qui est derrière La tête haute. Je le fais pour donner à Marin toutes les armes qui lui permettront de redevenir autonome. Jusqu’à maintenant, nous étions focalisés sur sa survie. Les médecins nous disaient qu’il fallait lui dire au revoir. Puis Marin est sorti du coma. Là, on a appris qu’il aurait besoin d’un suivi important dans différents instituts. La prise en charge dépendra de l’évolution de son état : sera-t-elle physique, neurologique, psychologique? De plus, Marin doit subir une opération. Les médecins lui ont enlevé un quart de la boîte crânienne, l’hématome étant très important. Il va falloir remettre ce volet crânien. D’ici là, il porte un casque. »

Des actions pour les autres

Les actions de l'association se sont depuis élargies et s'organisent autour de trois grands thèmes : prévenir, accompagner et soutenir.

L'association aide ainsi d’autres familles de patients cérébrolésés et sensibilise les jeunes au civisme.

Plus récemment, Audrey Sauvajon s'est lancée dans des interventions en milieu scolaire. "Nous avons décidé d’œuvrer afin que chacun se sente acteur de ce qui se passe à quelques mètres de lui. Que les personnes courageuses soient soutenues et, de manière générale, que chacun réagisse. Ce sont les jeunes qui créent le monde de demain, c’est donc par eux que les choses doivent évoluer".

A ce jour, « La Tête haute, je soutiens Marin », c’est un local, des bénévoles, une page Facebook (205 500 abonnés), un compte Instagram (13 800 abonnés) et des initiatives nombreuses.

Une mère courage

Pudique, Audrey Sauvajon ne raconte jamais la douleur et les larmes. «On n’échappe pas au drame, mais on peut le transformer » dit-elle. Toujours très proche de son fils, l’accompagnant partout où il a besoin, la mère de Marin s’est jetée corps et âme dans son association.

Elle est à l’origine de Cap (coffret d’aide aux patients) la tête haute, un coffret d’aide aux patients cérébrolésés et à leurs familles qui contient un livret d’explications sur les neurosciences, une huile de massage, une pâte à modeler, des capsules à odeurs… Il est distribué gratuitement dans les services de réanimation lyonnais.

CAP, coffret d’aide aux patients cérébrolésés et à leurs familles est distribué gratuitement dans les services de réanimation lyonnais.  Capture d'écran Facebook

CAP, coffret d’aide aux patients cérébrolésés et à leurs familles est distribué gratuitement dans les services de réanimation lyonnais. Capture d'écran Facebook

CAP, coffret d’aide aux patients cérébrolésés et à leurs familles est distribué gratuitement dans les services de réanimation lyonnais. Capture d'écran Facebook

En octobre 2018, les proches de Marin présentent le coffret destiné à venir en aide aux familles.


Pour ces actions, l'association "La Tête haute"reçoit le Prix Solidarité du magazine Version Femina.

Audrey Sauvajon reçoit le Prix Version Féminin de la solidarité 2019. Un prix remis par Pierre Fanneau, directeur général du Groupe Progrès SA. Photo DR

Audrey Sauvajon reçoit le Prix Version Féminin de la solidarité 2019. Un prix remis par Pierre Fanneau, directeur général du Groupe Progrès SA. Photo DR

Audrey Sauvajon reçoit le Prix Version Féminin de la solidarité 2019. Un prix remis par Pierre Fanneau, directeur général du Groupe Progrès SA. Photo DR

Tous les ans Version Femina, avec le relais des quotidiens régionaux, met en lumière l’action d’associations et l’engagement des femmes qui les incarnent.  Pour cette 19e édition, le 5 février 2019, en partenariat avec Sanofi, Audrey Sauvajon, est la lauréate « Le Progrès » et remporte 10 000 € pour "La Tête haute". A 42 ans, elle met aujourd'hui son expérience personnelle au service des familles de patients cérébrolésés.

Un parrain attentif

C'est Marin qui le demande. En septembre 2018, le chanteur Benjamin Biolay accepte d’être le parrain de l’association.

Capture d'écran Facebook "Je soutiens Marin"

Capture d'écran Facebook "Je soutiens Marin"

Capture d'écran Facebook "Je soutiens Marin"

Les élans de solidarité

Autour de Marin, les initiatives locales et nationales sont très nombreuses depuis le lendemain de son agression. Et ça ne s'arrête pas.

Archives Le Progrès/Captures Facebook "Je soutiens Marin"

Archives Le Progrès/Captures Facebook "Je soutiens Marin"

Archives Le Progrès/Captures Facebook "Je soutiens Marin"

Toujours plus de reconnaissance

A hauteur de l'émotion suscitée, du courage dont Marin a fait part et dont il a besoin pour se remettre, la solidarité s'organise vite. Nombreux, anonymes ou personnalités connues, veulent encourager le jeune étudiant sur le chemin de sa nouvelle vie.

Les initiatives sont tellement nombreuses, particulièrement dans la région, qu’il est difficile de toutes les répertorier. Ici ou là, de nombreuses associations locales se démènent pour organiser les évènements au profit de l’association « La Tête haute ». La solidarité est forte.

Il faut trouver des fonds pour la rééducation de Marin dont on sait qu’elle va être longue et couteuse. Celles et ceux qui ont été émus par le sort de Marin sont prêts à aider, financièrement aussi.

Les séquelles sont nombreuses. Marin a besoin d'une part de rééducation physique avec kinésithérapie, d’ostéopathie et de psychomotricité, et de l'autre, d'une remédiation plus cognitive avec de l'orthophonie, de la neuropsychologie, et un suivi psychologique.


Décembre 2017, les Verts, premiers soutiens du fan de l'équipe de Saint-Étienne

Marin, c’est le grand d’une fratrie de quatre frères et sœurs, étudiant en 3e année de sciences politiques à Lyon 3. Fan de foot, il joue dans l’équipe de sa fac. Son équipe favorite ? Les Verts de Saint-Étienne. Les joueurs stéphanois sont alors parmi les premiers à afficher leur soutien au jeune homme.

"Marin, le peuple vert est avec toi" sur une banderole à Saint-Etienne en 2016. Capture Facebook

"Marin, le peuple vert est avec toi" sur une banderole à Saint-Etienne en 2016. Capture Facebook

"Marin, le peuple vert est avec toi" sur une banderole à Saint-Etienne en 2016. Capture Facebook

Le dimanche après l’agression, lors d’un ASSE-Nice, les Verts portent un tee-shirt à son effigie au moment de l’entraînement et une minute d’applaudissement est prévue au moment du coup d’envoi. Plus tard, ils inviteront Marin, qui va mieux, sur le terrain à Geoffroy-Guichard.


Novembre 2017, un concert à Décines pour les 21 ans de Marin

Un an après les faits et pour les 21 ans de Marin, un grand concert de solidarité est organisé au Toboggan de Décines. Le concert réunit un plateau de chanteurs et musiciens lyonnais autour de l’association "La Tête haute", qui soutient Marin.

Jules, Tanguy, Maxime et Pierre ont fréquenté le même collège que Marin et se sont mobilisés pour soutenir sa famille.  Photo le Progrès /Claire DEVILLARD

Jules, Tanguy, Maxime et Pierre ont fréquenté le même collège que Marin et se sont mobilisés pour soutenir sa famille.  Photo le Progrès /Claire DEVILLARD

Jules, Tanguy, Maxime et Pierre ont fréquenté le même collège que Marin et se sont mobilisés pour soutenir sa famille.  Photo le Progrès /Claire DEVILLARD

« C’est incroyable et réconfortant de voir tout cet élan de solidarité qui se construit autour de notre fils ! »
Audrey, la maman de Marin pendant le concert

« Des collectes spontanées sont organisées par des clubs sportifs ou des associations, des dons nous arrivent… Nous ne nous sentons plus seuls. Sans ces aides, nous n’aurions jamais pu offrir des soins de qualité à Marin. Ce soir, des personnes ont payé leur place, même si elles ne pouvaient pas se rendre au concert. Cela m’aide à penser que d’autres éprouvent aussi de l’empathie pour les autres. Nous recevons de nombreux témoignages pour nous exprimer combien Marin s’est montré courageux et a agi comme on devrait tous le faire, pour que des injustices cessent. Je suis heureuse qu’on le soutienne aujourd’hui… » déclare Audrey Sauvajeon après le concert.

Surprise à l'issue de concert e Décines en novembre 2017. Marin est fatigué mais monte sur scène pour remercier les soutiens/ Capture d'écran Facebook "Je soutiens Marin"

Surprise à l'issue du concert de Décines en novembre 2017. Marin est fatigué mais monte sur scène pour remercier les soutiens / Capture d'écran Facebook "Je soutiens Marin"

Surprise à l'issue du concert de Décines en novembre 2017. Marin est fatigué mais monte sur scène pour remercier les soutiens / Capture d'écran Facebook "Je soutiens Marin"


Décembre 2017, zumba pour Marin à Caluire

C'est un exemple parmi tant d'autres. A Caluire, une prof de fitness et de zumba, Hamza Hamzaoui propose un stage, ouvert à tous, débutants compris, au milieu du mois de décembre. Tous les frais d'inscription reviennent à Marin. La manifestation rapporte 1.000 euros.

Samir Hazaoui, Audrey Sauvajon, la maman de Marin, Philippe Cochet, maire de Caluire, Hamza Hamzaoui et Chantal Imbert.  Photo Le Progrès/ Patrick KOYOUNIAN

Samir Hazaoui, Audrey Sauvajon, la maman de Marin, Philippe Cochet, maire de Caluire, Hamza Hamzaoui et Chantal Imbert.  Photo Le Progrès/ Patrick KOYOUNIAN

Samir Hazaoui, Audrey Sauvajon, la maman de Marin, Philippe Cochet, maire de Caluire, Hamza Hamzaoui et Chantal Imbert.  Photo Le Progrès/ Patrick KOYOUNIAN


En plus des initiatives «anonymes » ou associatives, Marin est aussi célébré officiellement.


Médaillé de la Ville de Lyon

Le 27 novembre 2017, un an après sa terrible agression, Marin reçoit la médaille d’honneur de la Ville de Lyon des mains de Gérard Collomb, à cette date ministre de l’Intérieur et ancien maire de Lyon.

Capture d'écran Twitter

Capture d'écran Twitter

Capture d'écran Twitter

"Cher Marin, je suis convaincu que la République se doit de reconnaître ses héros, ceux qui, dans les gestes du quotidien, la défendent, portent haut ses valeurs. Et tu es incontestablement de ceux-là. Ce soir, c'est toute France qui a la tête haute"
Gérard Collomb, sur les réseaux sociaux

Marin est reçu par le Pape François au Vatican

Le 11 avril 2018, pendant près d'une demi-heure, le souverain pontife a échangé avec l’étudiant lyonnais, « une aide pour toute la vie » confie Marin à l’issue de la rencontre.

C’est Marin qui avait sollicité ce temps de partage pour l’aider à surmonter son épreuve. Mis au courant de l’onde de choc provoquée en France par cette agression, mais aussi de l’élan de solidarité qui a suivi, le pape a voulu, à son tour, tendre la main. Quand il reçoit des chefs d’État, c’est face à lui que ceux-ci ont l’obligation de prendre place. Mais, mercredi matin, à 9 heures, le Saint-Père s’est assis sur un siège à la droite de Marin, en signe de grande proximité. Dans l’attitude d’un confident, François a écouté ce que le jeune homme était venu lui dire.

Capture d'écran, Facebook "Je soutiens Marin"

Capture d'écran, Facebook "Je soutiens Marin"

Capture d'écran, Facebook "Je soutiens Marin"

Dans l’après-midi, Audrey Sauvajon, sa mère qui l’accompagne, confie au Progrès ce qu’elle a observé :

« Marin lui a posé beaucoup de questions. Sur la façon de vivre le handicap. Sur la possibilité ou non d’accorder le pardon après ce qu’il a subi. À propos du pardon, le pape lui a dit qu’il n’existait pas de réponse toute faite, et qu’il fallait puiser dans le cœur et l’amour. »


L'émotion à Geoffroy-Guichard

Fan des Verts, Marin profite de sa journée à Saint-Etienne. Photo Le Progrès/ Yves FLAMMIN

Fan des Verts, Marin profite de sa journée à Saint-Etienne. Photo Le Progrès/ Yves FLAMMIN

Fan des Verts, Marin profite de sa journée à Saint-Etienne. Photo Le Progrès/ Yves FLAMMIN

Le 6 mai 2018, Marin est invité à donner le coup d'envoi de la rencontre ASSE-Bordeaux. Le Chaudron lui fait part de ses encouragements en lui rendant un vibrant et émouvant hommage.

Avec Roland Romeyer. Photo Le Progrès/ Yves FLAMMIN

Avec Roland Romeyer. Photo Le Progrès/ Yves FLAMMIN

Avec Roland Romeyer. Photo Le Progrès/ Yves FLAMMIN

A cette date, Marin sort à peine du procès où il a été confronté à son agresseur (lire plus bas). Ses blessures sont visibles mais ce dimanche là, Marin est heureux. Grâce à Roland Romeyer qui a toujours été en lien avec Audrey, sa maman, Marin est sur le terrain ce dimanche, au cœur du Chaudron vert, pour donner le coup d'envoi fictif de la rencontre. Et le jeune homme est souriant, au milieu des joueurs...

Photo Le Progrès Yves FLAMMIN

Photo Le Progrès Yves FLAMMIN

Photo Le Progrès Yves FLAMMIN

"Je n'ai qu'une chose à dire : Allez les Verts. Après d'où je reviens, c'est un bonheur incroyable d'être ici". 
Marin, à la sortie du terrain ce jour là

Deux ans plus tard, le 6 mai 2020, les Verts sont toujours aussi fidèles et soutiennent encore Marin.


Marin est fait Chevalier de la Légion d'honneur

Marin et Emmanuel Macron après la cérémonie/ Photo DR

Marin et Emmanuel Macron après la cérémonie/ Photo DR

Marin et Emmanuel Macron après la cérémonie/ Photo DR

C'est Emmanuel Macron qui lui remet la décoration lors d'une cérémonie à l'Elysée, à Paris. "Le Président de la République a voulu exprimer la reconnaissance de l’État Français pour l’acte de bravoure et de citoyenneté accompli par ce jeune étudiant lyonnais le 11 novembre 2016", souligne la famille de Marin dans un communiqué.

Marin et Emmanuel Macron. Photo DR

Marin et Emmanuel Macron. Photo DR

Marin et Emmanuel Macron. Photo DR

Sa mère témoigne après la remise de la distinction à son fils et évoque les mots prononcés par le chef de l’État.

Marin reçoit les félicitations de Christophe Castaner, le ministre de l'Intérieur.

Et celles du député LREM de la 14e circonscription du Rhône, Yves Blein, présent à la cérémonie.


Un square à son nom dans le sud-ouest lyonnais

A Chaponost dans le Rhône, en février 2019, dans le sud-ouest lyonnais, un square porte désormais le nom du jeune héros.

Lors de l'inauguration du suqare Marin Sauvajon à Chaponost dans le Rhône. Photo Le Progrès/ Laurence SACCU

Lors de l'inauguration du suqare Marin Sauvajon à Chaponost dans le Rhône. Photo Le Progrès/ Laurence SACCU

Lors de l'inauguration du suqare Marin Sauvajon à Chaponost dans le Rhône. Photo Le Progrès/ Laurence SACCU

Marin fait un discours lors de l'inauguration.


Calogero et Laurent Gerra se mobilisent

En juin 2018, Marin rencontre le chanteur Calogero lors d'un concert à Lyon.

De passage pour un nouveau concert en janvier 2019, le chanteur revient sur cette rencontre au Progrès.

"Ce garçon est mon héros"
Calogero, chanteur, à propos de Marin.

«Depuis notre rencontre, je lui dédie tous les soirs la chanson Un jour au mauvais endroit. Cette violence qu’il a subie, c’est vraiment quelque chose qui me révolte. J’ai grandi dans un quartier populaire, et il y avait de la violence, parfois. Les gens se battaient, il y avait des bagarres. Mais c’était des bagarres face à face, entre hommes, comme on disait. On ne se mettait pas à plusieurs contre quelqu’un. Trois contre un, c’est la lâcheté absolue, c’est de l’ordre du lynchage, ça me révolte complètement. Marin, je l’aime beaucoup, il est d’un calme incroyable face à cette histoire. On est dans un pays libre, où l’on peut s’embrasser qui on veut quand veut et où on veut ! » explique Calogero à notre journaliste.


Le 1er juillet 2019, à la manufacture des tabacs à Lyon, l’humoriste Laurent Gerra, avec l’association des Toques Blanches lyonnaises et l’Université Jean Moulin, vient lire une dictée pour soutenir Marin et son association « Zéro faute pour la Tête haute ».

Laurent Gerra et Marin. capture Facebook "Je soutiens Marin"

Laurent Gerra et Marin. capture Facebook "Je soutiens Marin"

Laurent Gerra et Marin. capture Facebook "Je soutiens Marin"


Le premier "prix Marin" est décerné

En novembre 2019, trois ans après son agression, Marin donne de ses nouvelles. « Depuis trois ans, je vis différemment, je me reconstruis. Je tente de trouver ma nouvelle place dans la société", confie-t-il. Le jeune homme annonce qu'il va prochainement "entamer un bilan de compétences dans [s]on centre" de soins.

A cette date, le jeune homme désormais âgé de 23 ans exprime sa « fierté » de remettre le premier prix Marin, qui récompense les actes de bravoure en région Auvergne Rhône-Alpes.

Sébastien Chabal, Laurent Wauquiez, Marin et sa mère. Photo Le Progrès/Marie REDORTIER

Sébastien Chabal, Laurent Wauquiez, Marin et sa mère. Photo Le Progrès/Marie REDORTIER

Sébastien Chabal, Laurent Wauquiez, Marin et sa mère. Photo Le Progrès/Marie REDORTIER

Surprise à Décines, en novembre 2017. Marin est fatigué mais il monte sur scène pour remercier ceux qui le soutiennent. Capture Facebook "Je soutiens Marin"

Surprise à Décines, en novembre 2017. Marin est fatigué mais il monte sur scène pour remercier ceux qui le soutiennent. Capture Facebook "Je soutiens Marin"

Grand concert choral à Blyes dans l'Ain le 21 avril 2018. Ici les choristes autour d'Audrey, la maman de Marin. Photo Le Progrès/ Pascal DUCROS

Grand concert choral à Blyes dans l'Ain le 21 avril 2018. Ici les choristes autour d'Audrey, la maman de Marin. Photo Le Progrès/ Pascal DUCROS

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Surprise à Décines, en novembre 2017. Marin est fatigué mais il monte sur scène pour remercier ceux qui le soutiennent. Capture Facebook "Je soutiens Marin"

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Grand concert choral à Blyes dans l'Ain le 21 avril 2018. Ici les choristes autour d'Audrey, la maman de Marin. Photo Le Progrès/ Pascal DUCROS

L'affaire Marin en quelques dates

La bataille judiciaire, l'autre combat

En parallèle des efforts de chaque jour pour sa santé, Marin doit affronter la justice.

Là aussi sa mère l'accompagne

Capture d'écran Facebook- Photo Le Progrès/Richard MOUILLAUD

Capture d'écran Facebook- Photo Le Progrès/Richard MOUILLAUD

Capture d'écran Facebook- Photo Le Progrès/Richard MOUILLAUD

Frappé à coups de béquilles

Le 11 novembre 2016, vers 17h40, à l’arrêt du bus entre le centre commercial de la Part-Dieu et la gare, un couple d’une quarantaine d’années est pris à partie par un groupe de cinq jeunes choqués de les voir s’embrasser. Un jeune homme s’interpose pour défendre les amoureux. C’est Marin. L’étudiant intervient pour le soutenir et, dans la mêlée, l’adolescent reçoit un coup, qui suffit en apparence à régler le problème.

Archives Le Progrès

Archives Le Progrès

Archives Le Progrès

Pourtant son agresseur, sans doute furieux d’être rabroué en public, se saisit de la béquille que porte son copain et court dans le bus où Marin a pris place.

Sous les yeux éberlués des passagers, mais aussi du conducteur qui parlera de coups portés comme avec une massue, l’adolescent frappe à trois reprises sur la tête de Marin qui n’a rien vu venir. Marin s’écroule au sol, pris de convulsions.

Il perd connaissance. Il est transporté à l’hôpital neurologique de Bron en état d’urgence absolue. Son pronostic vital est engagé pendant des jours.

L'agresseur présumé est interpellé

Le 12 novembre 2016, l’agresseur présumé est interpellé. On apprend ainsi, le lendemain des faits, qu’il s’agit d’un jeune de Vaux-en-Velin de 17 ans, en fugue du domicile parental. Il a agi seul.

Très connu de la justice, il a écopé de 21 condamnations depuis 2012 pour vols, menaces et violences. Le mineur fait l’objet d’un suivi judiciaire depuis plusieurs années, après un parcours de vie chaotique marqué par de grandes difficultés familiales.

ll a été incarcéré dès 2014 après plusieurs sursis avec mise à l’épreuve, d’autres procédures étant pendantes devant la juridiction des mineurs. Au moment des faits, il déclare rechercher un apprentissage en électricité et envisager un engagement dans l’armée pour « se canaliser ». L’expert psychiatre, tout en relevant une consommation persistante d’alcool et de cannabis, a estimé sa responsabilité pleine et entière.

Le palais de justice de Lyon. Photo Le Progrès Maxime JEGAT

Le palais de justice de Lyon. Photo Le Progrès Maxime JEGAT

Le palais de justice de Lyon. Photo Le Progrès Maxime JEGAT

Le 14 novembre, l’adolescent qui a blessé grièvement Marin est présenté au parquet de Lyon, puis déféré devant un juge d’instruction. Il est mis en examen pour violences aggravées. A l’issue de l’audience devant le juge des libertés et de la détention, le mineur est écroué, conformément aux réquisitions du parquet. Il a reconnu l’ensemble des faits mais affirme avoir agi seul.

«Il est effondré. Ces derniers mois, il avait multiplié les démarches pour trouver une formation. Il cherchait à s’en sortir»
Me Anne Guillemaut, avocate de l'agresseur présumé de Marin

Opéré dans la nuit, les neurochirurgiens de l’hôpital neuro-cardio de Bron lui retirent un quart de la boîte crânienne pour laisser place à l’énorme hématome qui s’est formé dans son cerveau, Marin est plongé dans le coma. Il restera hospitalisé pendant de très longues semaines. Les médecins préparent les proches au pire. A la surprise du corps médical, Marin se réveille. Très lentement et souffrant de lourdes séquelles physiques, neurologiques et psychologiques, mais il est réveillé.

Le 15 novembre 2016, la brigade criminelle de la Sûreté lancent un appel à témoin. Les enquêteurs souhaitent notamment recueillir le témoignage du couple pris à partie par le groupe de jeunes gens devant le centre commercial de la Part-Dieu, à l’arrêt des bus C1 et C2, puis dans le bus.

Photo Le Progrès/ Joël PHILIPPON
Photo Le Progrès/ Joël PHILIPPON
Photo Le Progrès/ Joël PHILIPPON

Le procès

JOUR 1: Mercredi 2 mai 2018, le procès s’ouvre, à huis clos

Le procès de l’agresseur présumé de Marin s’ouvre, à huit-clos, pour trois jours aux Assises des mineurs du Rhône, à Lyon. Pour la « sérénité des débats », la cour a décidé ne pas ouvrir les débats au public.

Marin a quitté le centre de rééducation suisse où il a passé plusieurs mois. Il apparaît au procès boitant, un bras replié sur la poitrine, des cicatrices visibles sur le crâne. 

Marin est représenté par Me Frédéric Doyez et Jean Félix Luciani.

 Me Frédéric Doyez est le conseil d'Audrey Sauvajon. Photo Le Progrès/ Pierre AUGROS

Me Frédéric Doyez est le conseil d'Audrey Sauvajon. Photo Le Progrès/ Pierre AUGROS

Me Frédéric Doyez est le conseil d'Audrey Sauvajon. Photo Le Progrès/ Pierre AUGROS

"Ce qui est attendu de ce procès, c'est une possibilité pour Marin de tourner cette page-là, pour ne plus avoir comme perspective que celle de sa guérison"
Me Jean-Félix Luciani, avocat de Marin
Me Jean-Félic Luciani. Photo Le Progrès/ Pierre AUGROS

Me Jean-Félic Luciani. Photo Le Progrès/ Pierre AUGROS

Me Jean-Félic Luciani. Photo Le Progrès/ Pierre AUGROS

De son côté, Marin se confie sur la page Facebook.

"J'ai, depuis un petit moment désormais, abandonné tout espoir de redevenir le Marin d'avant, celui qui pouvait jouer au foot, danser avec ses amis et son amoureuse en soirée."
Marin, la veille du procès

Poursuivi pour «violences avec usage ou menace d’une arme suivie de mutilation ou infirmité permanente», l’accusé était âgé de 17 ans au moment des faits. Il est désormais majeur. Le huis-clos étant décidé par la cour, seules les personnes directement concernées (témoins, victimes...) assistent au procès. A noter que la législation interdit formellement l’identification par l’écrit ou par l’image des mineurs délinquants. Cela explique l’anonymat du prévenu lors des compte-rendus d’audience.

Au premier jour du procès, l’accusé s’exprime sur son passé. Des témoins sont interrogés.

Le premier témoignage entendu par la cour est celui du couple qui s'embrassait le plus naturellement du monde devant le centre commercial de la Part-Dieu. Il rappelle qu'il avait été pris à partie par un groupe de garçons. L'un d'eux a invectivé l'homme avant que Marin n'intervienne en lançant: "on a bien le droit de s'embrasser".

Le directeur d'enquête revient longuement sur le déroulé des faits et sur les investigations qui ont permis d'identifier puis d'arrêter l'agresseur. Ce dernier ne s'est pas encore exprimé sur son geste. Il le fera les jours suivants.

Moment intense d'émotion quand la compagne de Marin vient à son tour à la barre. Elle explique que ce 11 novembre devait être une journée festive. C'était le jour de son anniversaire qu'ils auraient dû célébrer le soir même.

JOUR 2: jeudi 3 mai 2018, l'heure du face à face

Jeudi, au deuxième jour du procès, le jeune étudiant qui souffre encore, dix-huit mois après les faits, de lourdes séquelles, est confronté à son agresseur qui a reconnu avoir détruit sa vie. A cette occasion, Marin lui a dit «tout le mal qu’il lui avait fait», selon la mère de la victime, Audrey.

 « Ce procès, c’est très difficile, très éprouvant. Pour Marin, c’est d’une violence inouïe de revoir son agresseur dans le box. »
Audrey, mère de Marin

L’accusé, âgé de 17 ans et 8 mois au moment des faits comparaît devant la cour d’assises des mineurs, ce qui explique que le procès se tienne à huis clos. « Il est terrorisé », explique son avocate qui le connaît bien. Me Anne Guillemaut a la lourde charge de le défendre.

Me Anne Guillemaut, avocate de l'agresseur de Marin. Photo Le Progrès/ Pierre AUGROS

Me Anne Guillemaut, avocate de l'agresseur de Marin. Photo Le Progrès/ Pierre AUGROS

Me Anne Guillemaut, avocate de l'agresseur de Marin. Photo Le Progrès/ Pierre AUGROS

Le parcours de délinquant de son client a commencé à 11 ans en brûlant une voiture. Le jeune garçon vit tantôt chez sa mère, tantôt chez son père puis est très vite placé dans des foyers. Le 11 novembre 2016, il était en fugue. « C’est lui le moteur », souligne Me Frédéric Doyez, partie civile. Lui qui a prononcé la fameuse phrase à ce couple qui s’embrasse le plus naturellement du monde devant le centre commercial de la Part-Dieu : « Il y a des hôtels pour ça ».

Marin prend leur défense : « On a bien le droit de s’embrasser où on veut ! ». Et Clémentine, la petite amie qui assiste à toute la scène. Un baiser, des cris, tout est fini, croit-elle. Ils s’assoient dans le bus et ne pensent qu’à la fête d’anniversaire prévue pour le soir même.

Pour celui qui se précipitera sur Marin, l’incident devait sans doute se régler dans le sang. Au procès, il n’a pas expliqué les raisons de son geste.

JOUR 3 :vendredi 4 mai, l’agresseur est condamné à 7 ans et demi de prison

Dans ses réquisitions, l’avocat général a souligné la violence extrême de l’agression (trois coups de béquille sur la tête), estimant qu’on était à la limite d’une tentative d’homicide, selon des propos rapportés par les avocats, l’audience se déroulant à huis clos. Il a donc demandé à la cour de ne pas retenir l’excuse de minorité. Il n'est pas suivi par la cour.

La cour d’assises des mineurs du Rhône rend son verdict.

Les jurés condamnent l’agresseur de Marin, renvoyé pour violences avec arme ayant entraîné une infirmité permanente, à la peine maximale encourue, soit quinze ans. Mais ils retiennent comme le veut la règle, l’excuse de minorité qui réduit la peine de moitié.

Archives Le Progrès, édition du 5 mai 2018.

Archives Le Progrès, édition du 5 mai 2018.

Archives Le Progrès, édition du 5 mai 2018.

Le procès s'ouvre devant la cour d'assises des mineurs du Rhône. Photo Le Progrès/Philippe JUSTE

Le procès s'ouvre devant la cour d'assises des mineurs du Rhône. Photo Le Progrès/Philippe JUSTE

Le procès s'ouvre devant la cour d'assises des mineurs du Rhône. Photo Le Progrès/Philippe JUSTE

Archives Le Progrès, édition du 2 mai 2018

Archives Le Progrès, édition du 2 mai 2018

Archives Le Progrès, édition du 2 mai 2018

Marin et sa mère Audrey Sauvajon arrivent au procès. Photo Le Progrès/Pierre AUGROS

Marin et sa mère Audrey Sauvajon arrivent au procès. Photo Le Progrès/Pierre AUGROS

Marin et sa mère Audrey Sauvajon arrivent au procès. Photo Le Progrès/Pierre AUGROS

Photo Le Progrès/ Pierre AUGROS

Photo Le Progrès/ Pierre AUGROS

Photo Le Progrès/ Pierre AUGROS

Archives Le Progrès, édition du 5 mai 2018.

Archives Le Progrès, édition du 5 mai 2018.

Archives Le Progrès, édition du 5 mai 2018.

Photo Le Progrès/Pierre AUGROS

Photo Le Progrès/Pierre AUGROS

Photo Le Progrès/Pierre AUGROS

La centrale vue depuis Lyon. Photo Le Progrès/Joël PHILIPPON

Les rebondissements

Le parquet avait fait appel. L’affaire a été examinée le 25 mai 2020 par la chambre d'application des peines qui rendra sa décision le 17 juin.

La famille et les proches de Marin sont scandalisés par cette décision de justice alors que la condamnation de l’agresseur ne remontait qu’à 2018.

Depuis sa condamnation en mai 2018 par les assises des mineurs, l’agresseur de Marin qui a fait l’objet d’une quinzaine de sanctions disciplinaires depuis le début de son incarcération, se trouve actuellement incarcéré au centre de détention de Roanne (Loire).

Le centre de détention de Roanne. Photo Le Progrès/ Yves SALVAT

Le centre de détention de Roanne. Photo Le Progrès/ Yves SALVAT

Le centre de détention de Roanne. Photo Le Progrès/ Yves SALVAT

  • 17 juin 2020 : l’agresseur de Marin ne sera pas libéré. Les juges considèrent que le projet professionnel du détenu qui a aujourd'hui 21 ans est mis à mal par la crise sanitaire. Son avocate Anne Guillemot s'est déclarée déçue mais annonce qu'elle refera une nouvelle demande "avec un projet plus cadrant".
Me Dominique Arcadio, conseil de la famille de Marin . Photo Le Progrès Maxime JEGAT

Me Dominique Arcadio, conseil de la famille de Marin . Photo Le Progrès Maxime JEGAT

Me Dominique Arcadio, conseil de la famille de Marin . Photo Le Progrès Maxime JEGAT

Me Dominique Arcadio, avocat dela famille de Marin juge cette décision "respectable", sa libération lui paraissant "prématurée" d'autant que "l'attitude en détention n'a pas été exemplaire" : "Cela rééquilibre la première décision qui avait été rendue dans laquelle la victime était absente".

Il a exprimé sa satisfaction de voir que les juges avaient pris en compte les parties civiles.

Le Progrès, édition du 18 juin 2019

Le Progrès, édition du 18 juin 2019

Le Progrès, édition du 18 juin 2019

La vie de Marin aujourd'hui

De retour dans la région lyonnaise après un programme de rééducation suivi en Suisse, Marin poursuit ses soins.

Photo DR

Photo DR

Photo DR

Capture d'écran Facebook "je soutiens Marin"

Capture d'écran Facebook "je soutiens Marin"

Capture d'écran Facebook "je soutiens Marin"

Après des semaines à l’hôpital à Lyon, après de multiples opérations, après un long séjour dans un centre de rééducation en Suisse, Marin continue de se reconstruire malgré les séquelles comportementales et motrices que lui a laissées son agression.

Toujours en rééducation, Marin quitte aujourd’hui son domicile, en ambulance, pour rejoindre l’accueil de jour qui le suit.

Le 17 juin, il y a quelques jours,  sa mère Audrey a donné des nouvelles de son fils au Progrès.

« Son état stagne, il n’évolue plus trop. Les médecins disent que c’est la période de consolidation. Il souffre de maux de tête terribles, son côté gauche (jambe, pied, bras) lui obéit mal. Il peut marcher seul mais cela lui arrive de chuter. La douleur psychique est énorme" .
Audrey Sauvajon, à propos de Marin (juin 2019)

Marin habite un appartement qui se situe juste à côté de celui de sa maman.

« Un mur nous sépare. Il tient à son indépendance. Avant l’agression, Marin vivait déjà chez lui. Il ne supporte pas le bruit et a besoin de plusieurs siestes par jour. Le moindre effort le fatigue. Il est assisté par des aides à domicile. Il essaie de cuisiner mais est rapidement épuisé. Il est incapable de faire le ménage ».