Tunnel sous Fourvière
De 1967 à aujourd'hui

L'autoroute au cœur de la ville
Les travaux du tunnel de Fouvière débutent en 1967. Mis en service en 1971, cet ouvrage long de 1860 mètres, creusé sous la colline de Fourvière, permet de relier l'A6 à l'A7, via le centre de Lyon. Une idée signée Louis Pradel, le maire surnommé "zizi-béton". Aujourd'hui, c'est l'un de ses chantiers les plus contestés : Michel Noir le qualifiera de "connerie du siècle". En 2019, la Métropole de Lyon entamait le déclassement de l'A6/A7. Quel avenir pour le tunnel de Fourvière?

Le premier coup de pioche est donné par Max Moulins, préfet du Rhône.
Le premier coup de pioche est donné par Max Moulins, préfet du Rhône.
Le 24 février 1967, le premier coup de pioche est donné
Grâce au tunnel, la "colline qui prie" de Lyon sera bientôt franchissable. C’est le 24 février 1967 que le premier coup de pioche des travaux du tunnel sous Fourvière est donné par Max Moulins, préfet du Rhône.
Le projet, financé à 50% par l’État, l’autre moitié restant à la charge du conseil général du Rhône et de la Ville de Lyon, prévoit deux tubes séparés longs de 1860 mètres. Un chantier considérable.
Deux cylindres de 10,40 mètres de diamètre doivent être creusés sous la colline sur presque deux kilomètres de long. Ce tunnel s’inscrit dans la volonté de relier les autoroutes A6 et A7. Au début des travaux, le chantier est censé durer entre 48 et 60 mois.
L'homme à l'origine du projet
Louis Pradel est l'homme à l'origine du tunnel sous Fourvière.
Né le 5 décembre 1906, dans le 6e arrondissement de Lyon, le successeur du maire Édouard Herriot, surnommé "zizi-béton" ambitionne une ville "à l'égale de Genève, Francfort ou Milan".
Sa passion? "Voir pousser le béton."

Louis Pradel et Georges Pompidou.
Louis Pradel et Georges Pompidou.
« En vingt ans à la tête de la mairie de Lyon, Louis Pradel a tout simplement transformé sa ville en métropole. »
Parmi les réalisations du maire-bâtisseur : Palais des sports et plaine de jeux de Gerland, nouveau quartier de La Duchère, la Part-Dieu (centre commercial, parking, bibliothèque), le fameux tunnel sous Fourvière, le boulevard Jean XIII, le boulevard des Etats-Unis, l’élargissement des grands axes Duquesne, Lafayette, Gambetta, Berthelot, le périphérique Laurent-Bonnevay, l’axe Vivier-Merle-boulevard des Tchécoslovaques et encore : une dizaine de maisons de jeunes et de foyers de jeunes travailleurs, une trentaine de maisons pour personnes âgées, les mairies des 8e et 9e arrondissements, le théâtre du 8e, les patinoires Charlemagne et Baraban, le Centre nautique du quai Claude-Bernard, la piscine de Vaise, le Centre international de recherches sur le cancer, les hôpitaux cardiologique et neurologique et toujours : le métro, le complexe autoroutier du cours de Verdun, l’hôtel de la communauté urbaine, des écoles, des crèches.
Il meurt en 1976, lors de son troisième mandat.

Louis Pradel, à la Courly, en 1968.
Louis Pradel, à la Courly, en 1968.

Louis Pradel inaugure la rue de la République.
Louis Pradel inaugure la rue de la République.

Le 6 septembre 1968, le tunnel est percé
C’est à 14h30 que les techniciens des deux chantiers, ceux de Gorge-de-Loup, qui ont foré 1300 mètres, et ceux de Choulans, qui ont avancé de 400 mètres sous la colline, se sont rencontrés après avoir abattu le rideau d’argile qui les séparait.
A quelques centimètres près, les tronçons s’alignaient. Il faut maintenant attendre les crédits pour le percement du second tube.
Le 7 décembre 1971, le tunnel est inauguré
Le 7 décembre 1971, les premières lumières brillent dans le tunnel sous Fourvière, sous la forme des feux des premières voitures qui s'engagent sous la colline.
Le lendemain, jour de la fête des Lumières, le journal Le Progrès évoque le tunnel, "le plus moderne d’Europe".


Au centre, Louis Pradel inaugure le tunnel sous Fourvière.
Au centre, Louis Pradel inaugure le tunnel sous Fourvière.

Photo d'archives Le Progrès
Photo d'archives Le Progrès

Les premières voitures inaugurent le tunnel sous la colline.
Les premières voitures inaugurent le tunnel sous la colline.
115 000 véhicules par jour
Rapidement, le tunnel sous Fourvière devient un axe routier obligatoire pour relier le nord au sud de la France. Aujourd'hui, il est constamment saturé, surtout pendant les vacances.
Accidents, incendie... les faits divers les plus marquants des années 2000
Bouchons de plusieurs kilomètres, autoroutes bloquées pendant plusieurs heures... Top 5 des pires fermetures du tunnel sous Fourvière des 20 dernières années.
2000 | Un car incendié
Un car transportant 38 collégiens et 7 accompagnateurs prend feu sur l'autoroute A6 sens nord/sud, à la hauteur de la commune d'Écully.
Le feu s'est propagé par l'arrière moteur du véhicule. Aucune victime n'est à déplorer.
2012 | 10 heures de fermeture
Le 17 septembre, un camion transportant des cartons de billes en plastique se couche sur les voies de circulation vers 14 h 15, peu après le tunnel de Fourvière.
Le chauffeur du poids lourd a perdu le contrôle de son véhicule au départ de l’A7, à Perrache, en direction de Marseille. Une perte de contrôle qui a fortement perturbé le trafic dans le sens nord-sud : la circulation a été coupée depuis la porte du Valvert, à Tassin-la-Demi-Lune, plusieurs kilomètres avant le tunnel de Fourvière.
Le temps d’évacuer les véhicules et de relever le camion, le tunnel de Fourvière a été rouvert à la circulation aux alentours
de 22 heures.
2014 | 3 heures d'embouteillages
L’incendie d’un véhicule sous le tunnel a provoqué de gros embouteillages, le vendredi 15 août au soir.
A 19 h 30, une voiture circulant dans le sens sud-nord a commencé à prendre feu à 300 mètres de la sortie, en direction de Paris. L’incendie a été rapidement maîtrisé par les occupants du véhicule grâce aux extincteurs placés dans les niches le long du tunnel.
Lorsque les pompiers sont arrivés sur place, le feu était déjà éteint. La voiture a été extraite du tube dès 19 h 50. Aucun blessé n’est à déplorer. Les pompiers ont quitté les lieux aux alentours de 22heures, un peu avant la réouverture.
2016 | 1 mort, trois heures de fermeture
L’accident s’est produit peu après 17 heures, juste avant l’entrée du tunnel sous Fourvière, dont l’accès vers Paris a dû être neutralisé pendant près de trois heures.
Il arrivait de cette bretelle située au pied de la montée de Choulans, que l’on appelle le tourniquet. C’est au moment de s’engager dans les deux voies de circulation de l’A7, à moins de cinquante mètres de l’entrée du tunnel de Fourvière, que le pilote du scooter a été heurté par un poids-lourd, alors que le trafic était au ralenti.
Le conducteur du deux-roues a été très grièvement blessé. Après avoir fait l’objet de soins sur place, il a été transporté à l’hôpital Edouard-Herriot, où son pronostic vital était réservé. L'homme âgé d’une cinquantaine d’années, originaire de Lentilly, est décédé de la suite de ses blessures. Le tunnel a rouvert peu avant 20 heures.
2017 | Six jours de fermeture
Le jeudi 28 septembre est un jour à marquer d’une pierre noire pour le tunnel sous Fourvière.
Ce matin-là, vers 8 heures, le camion d’une société de transports d’Heyrieux (Isère) assurant un convoi exceptionnel s’engage dans le tunnel. La tractopelle, dont le bras n’avait pas été replié, racle la voûte de l’ouvrage et emporte caissons et poutrelles abritant la gaine d’air vicié servant au désenfumage en cas d’incendie.
L’accident ne fait aucune victime mais condamne le tube dans le sens Paris-Marseille (nord-sud) jusqu’au 8 octobre pour les automobiles, et jusqu’au 16 pour les camions et autocars.
Des travaux considérables ont été entrepris depuis pour réparer les dégâts (1,4 million d’euros, totalement pris en charge par l’assurance du PL en cause) et sécuriser l’ouvrage (changement de la signalisation), tandis que la hauteur réglementaire a été abaissée à 4,30 m.
Les travaux, débutés le 21 janvier, avaient pour objectif d’éviter un nouvel incident de ce type.




Dans les coulisses du tunnel...
Déclassement de l'autoroute A6/A7
Quel avenir pour le tunnel sous Fourvière, à l'horizon 2030?
En 2020, des voies de bus express
et covoiturage
L’axe autoroutier A6/A7 entre Limonest/Dardilly et Pierre-Bénite, via le tunnel de Fourvière, a été officiellement déclassé, devenant propriété de la Métropole au 1er novembre 2017.
Objectif : le transformer en boulevard urbain pacifié, avec une vitesse maximale de 70 km/h. Projet qui va prendre du temps, puisque une première phase est annoncée en 2025 et l'achèvement des travaux est prévue en 2030. En revanche, le projet d'Anneau des sciences ne se fera pas, il a été abandonné. Pas de bouclage pour le périphérique lyonnais, ce qui aurait permis, selon les défenseurs de ce projet, de transférer une partie du trafic automobile.
| Des voies cyclables prévues entre Perrache et Pierre-Bénite
En décembre 2017, les représentants de la Métropole ont apporté des éclaircissements sur ces projets. Parmi elles : la création de deux lignes express de bus articulés roulant sur des voies réservées. L’une au nord, sur l’actuelle bande d’arrêt d’urgence, entre Limonest/Dardilly et Gare de Vaise, avec un arrêt au niveau du lycée horticole de Dardilly, l’autre au sud entre la halte d’Yvours/Irigny et Bellecour.
Le covoiturage, depuis décembre 2020, est favorisé à titre expérimental. Une voie lui est désormais réservée pendant les heures de pointe, sur la partie nord de l’axe.
Pendant la même période, sur la partie au sud du tunnel sous Fourvière, les covoitureurs pourront utiliser la voie des bus comme les taxis/VTC et véhicules électriques. Des aires et des arrêts/déposes seront créés. Les cyclistes vont bénéficier aussi, dès 2020, de nouveaux aménagements sur une distance de 4,6 km.
Des voies cyclables vont être construites entre Perrache et Pierre-Bénite sur les quais Perrache et Pierre-Sémard, l’avenue Jean-Jaurès, le boulevard de l’Europe. Le franchissement du pont de La Mulatière sera alors plus sécurisé et confortable.

