Un nouveau souffle pour la Part-Dieu
La "réinvention" du deuxième quartier tertiaire de France, c'est 117 hectares en pleine rénovation au cœur de Lyon jusqu'en 2030.
Depuis 50 ans, le quartier de la Part-Dieu rayonne dans l'Europe entière. Centre économique de Lyon, il connait une grande mutation.
Le projet a démarré en 2010 avec l’inauguration de la tour Oxygène et il s’achèvera en 2030. Il tient compte de l’histoire du quartier et des besoins émergents des usagers.
Il repose sur trois enjeux majeurs. Faciliter les mobilités durables par une meilleure intégration du pôle d’échanges multimodal, la désaturation de la gare et la valorisation des modes de déplacement doux, améliorer la qualité de vie en termes de commerces, services, logements, espaces verts et conforter l’attractivité économique.
Une tour de 115 m flambant neuve et 24 nouvelles enseignes prêtes à être inaugurées à la Part-Dieu. Le projet Oxygène se dévoilait dans cette vidéo le mardi 4 mai 2010.
Impulsé par la Métropole de Lyon et la Ville de Lyon, le projet, dit de "réinvention de la Part-Dieu" est piloté par la Société Publique Locale (SPL) Lyon Part-Dieu et conçu par des équipes pluridisciplinaires regroupées autour de François Decoster, Architecte-Urbaniste Coordinateur du projet (AUC).
Son coût global est estimé à 2,5 milliards d’euros d’investissements publics et privés.
A terme la gare aura doublé de volume, le centre commercial sera agrandi de 32 000 m², l’offre de bureaux augmentée de 400 000 m², l’offre de logements étoffée de 2 2000 logements mixtes et 9 hectares d’espaces publics seront réaménagés.
La Part-Dieu, c'était comment avant?
Pour donner toutes les chances à la Part-Dieu de devenir un territoire toujours plus attractif mais aussi agréable à vivre, il devait changer.
Ce reportage, un document INA, ponctué de nombreuses vues aériennes de Lyon est consacré au quartier de La Part Dieu qui prend forme peu à peu sur l'emplacement de l'ancienne caserne militaire dès 1968. Interview de l'architecte en chef Charles DELFANTE et du maire Louis PRADEL à propos des objectifs poursuivis avec la création de La Part Dieu : créer alors un nouveau centre directionnel à Lyon.
Pour donner toutes les chances à la Part-Dieu de devenir un territoire toujours plus attractif mais aussi agréable à vivre, il devait changer.
Symbole de la croissance urbaine des années 1970, la Part-Dieu est aujourd’hui le second quartier tertiaire français, après Paris-La Défense.
Aujourd'hui, le projet de "réinvention" du quartier repose sur trois enjeux majeurs.
Les trois enjeux:
- Faciliter les mobilités durables par une meilleure intégration du pôle d’échanges multimodal, la désaturation de la gare et la valorisation des modes de déplacement doux.
- Améliorer la qualité de vie en terme de commerces, services, logements et espaces verts.
- Conforter l'attractivité économique
La Part-Dieu, c'est aussi la première gare de correspondance en Europe.
La gare,
entre lieu de transport et lieu de vie
Prévue pour devenir en 2023 l’une des premières gares de correspondance en Europe, la gare de Lyon Part-Dieu, connectée à l’aéroport international Saint-Exupéry, est un point central du pôle d’échanges multimodal (PME).
Inaugurée en juin 1983, elle a été construite pour accueillir 35 000 usagers par jour.
Elle en accueille trois fois plus aujourd’hui. Sa transformation s’annonce comme une réponse à cette saturation quotidienne et une anticipation aux besoins futurs : en 2030, elle pourra accueillir plus de 200 000 usagers par jour.
Le projet d’origine de la gare date des années 70. Charles Béraudier, l’adjoint au maire de l’époque, avait retenu un projet de bâtiment-monument de faible hauteur fait de verre et de béton, dessiné par Gachon/Girodet.
Pour le projet d’aujourd’hui, ce n’est pas le bâtiment en soi qui sera le signal fort des lieux, mais la tour To-Lyon de 170 mètres de hauteur, édifiée juste à côté.
La nouvelle gare répond aux besoins d’optimiser les espaces de transports et d’améliorer l’accueil des usagers.
En ligne de mire : la création d’une douzième voie ferrée (voie L)
Pour ainsi absorber la demande croissante des voyageurs et augmenter la capacité d’accueil des trains en gare, il faut plus de voies pour les trains. Une 12e voie en cours de création...
Pour la réalisation de cette opération, le parking des loueurs de véhicules est déplacé dans un nouveau bâtiment dans la cour Villette. Il sera accessible via la gare.
La gare conserve son côté traversant et ses ouvertures permettant de passer de l’Est à l’Ouest des rails. Chaque jour, 30 000 personnes traversent le quartier via la gare.
Le projet prévoit la création de trois nouvelles galeries qui vont permettre de doubler la surface des lieux (de 150 000 à 330 000 m²). Elles seront aménagées en espaces d’attente pour les voyageurs, de commerces, de services, etc.
Le pôle d’échanges multimodal, qui assure la convergence de tous les modes de transport, verra à terme l’ensemble de son offre de métros, tramways et bus amélioré et les pistes cyclables sécurisées.
Dans un souci de meilleure accessibilité, un accès supplémentaire aux quais de la gare est créé au Sud, depuis l’avenue Pompidou, avec escaliers, escalators et ascenseurs pour les personnes à mobilité réduite.
Le réaménagement de ce pôle est pris en charge par l’Union européenne, l’État, la Région Auvergne Rhône-Alpes, la Métropole de Lyon, SNCF Gare & Connexions, SNCF Réseau, la ville de Lyon et le SYTRAL qui investissent 329 millions d’euros, dont 135 millions d’euros pour les espaces publics (lire plus bas).
La voie L et les aménagements annexes, estimés à 114,6 millions d’euros, seront financés par l’Union européenne, l’État, la Région et SNCF Réseau.
Le centre commercial s'ouvre au monde
Le centre commercial de la Part-Dieu est l’un des plus dynamiques d’Europe. Dans les années à venir, il devrait passer de 35 millions de visiteurs par an à 40 millions.
Lundi 3 mai 2010, inauguration de l'extension du centre commercial de la Lyon Part-Dieu. 15 000 m², 6 niveaux, 25 nouvelles enseignes. Le centre commercial devient ainsi le plus grand situé en ville en Europe. En moyenne, 30 millions de personnes visitent l'endroit chaque année, cette extension vise à en amener 10 à 15% de plus. Tout est fait pour attirer le client : ambiance visuelle, sonore et olfactive. Reportage: Vincent Eyraud
Ouvrir et connecter le centre commercial à la ville
Les objectifs de sa rénovation et de son extension sont de l’ouvrir et de le connecter à la ville grâce à une meilleure accessibilité et, également, d’augmenter les offres de commerces et services.
Inauguré en 1975, il sera métamorphosé en 2020.
65 nouvelles enseignes
La rénovation du centre se verra de loin : la façade est repensée tout en conservant ses motifs de rectangles enchevêtrés qui sont développés de manière continue sur les nouvelles parties construites pour s’évaporer aux différentes entrées afin d’assurer une visibilité de l’espace intérieur de loin et de laisser entrer la lumière extérieure.
Pour faciliter l’accessibilité au centre, trois entrées iconiques et trois escaliers monumentaux sont prévus. En marge des entrées Vivier-Merle et Bouchut, une nouvelle est créée rue Servient au pied de la tour Part-Dieu.
Le centre proposera à terme 162 000 m² de surfaces dont 32 000 m² supplémentaires avec une offre commerciale de 305 enseignes dont 65 nouvelles.
350 millions d’euros d'investissements privés
Point d’orgue : en remplacement de l’espace extérieur dédié au stationnement, la création d’un toit-terrasse de 2 500 m² s’inspirant des quais lyonnais composés de restaurants, cafés, espaces arborés, espaces de loisirs... Le toit-terrasse sera accessible depuis le centre commercial et depuis des escaliers extérieurs.
Des agrandissements de commerces et services sont prévus comme l’extension de 2 500 m² du magasin Carrefour ou encore le cinéma UGC qui va passer de 14 à 18 écrans.
Le projet global de réaménagement de ce centre commercial, propriété de D’Unibail Rodamco Westfield (68%), Décathlon, Carrefour, Galeries Lafayette et Redevco, est estimé à 350 millions d’euros.
2000 nouvelles places de parking
Pour mieux accueillir les automobilistes, 2 000 nouvelles places de parking viendront s’ajouter aux 1 300 places des parkings Oxygène et Cuirassiers.
Difficile à croire. L’imposant parking 3 000 qui s’élevait sur sept niveaux, collé au centre commercial de la Part-Dieu, a disparu. Vu l’emprise de ce tènement libéré, on se rend compte du volume des constructions. Depuis, c’est un autre chantier qui a commencé pour la construction d’un parking enterré de 2 000 places et la future entrée du centre commercial.
Neuf hectares d’espaces publics au cœur d’un quartier d’affaires
Deux mille cinq cents entreprises sont installées dans le quartier de la Part Dieu. Il va consolider sa deuxième place de quartier d’affaires, derrière la Défense à Paris, avec à terme l’augmentation de l’offre de bureaux qui va passer de 1,2 à 1,6 million de m².
Il va continuer à gagner en hauteur avec les immeubles modernes de bureaux Silex2, Sky56, To-Lyon, etc. en marge des tours déjà existantes (Incity, Swiss Life, Oxygène et Part Dieu).
La volonté de mixité est au cœur du projet, avec par exemple, au sud de la place Béraudier, l’ensemble To-Lyon dessiné par l’architecte Dominique Perrault qui prévoit la construction d’une tour de bureaux, d’un hôtel 4 étoiles et d’un socle de commerces et services communs.
Pour réaliser ce projet, une phase de démolition de 25 000 m² d’hôtels (Novotel et Athéna) et de bureaux situés sur la place a été nécessaire.
Si les immeubles de bureaux, la gare... traduisent une volonté d’optimiser le dynamisme économique du quartier, l’aménagement des espaces publics fait partie intégrante du projet. Neuf hectares d’espaces publics sont réaménagés autour de la gare et du centre commercial.
A terme, 600 arbres devraient être plantés.
Quelques travaux forts
Devant la gare, la place Béraudier est en cours de transformation. L’ambition est de la désencaisser, de l’étendre et de l’ouvrir sur le quartier. Future place contemporaine, elle sera aménagée sur deux niveaux : un espace urbain arboré en surface pour connecter la gare au quartier de la Part-Dieu et un niveau inférieur lumineux dédié à la mobilité (une vélo-station de 1 500 places, une station taxis, un nouvel accès au métro, etc.).
La place de Francfort a été ouverte au public et bénéficie d’un nouvel aménagement paysager. Inaugurée en 2018, elle est le premier espace public réaménagé. Elle reste un lieu d’accueil des voyageurs en sortie de gare.
A long terme, le parking minute et la gare routière seront relocalisés dans la cour Villette nord de la gare, et la place deviendra un espace dédié entièrement au public.
2 200 nouveaux logements mixtes
Les piétons pourront également bénéficier, le long de la rue Bouchut, d’une promenade arborée qui reliera la gare à la rue Garibaldi et des pauses détentes pourront être envisagées dans le jardin aménagé situé le long de la bibliothèque au pied des salles de lecture.
A noter également que le tunnel Vivier-Merle va être prolongé d’ici 2020 de 118 mètres. L’objectif est de libérer de l’espace en surface du boulevard – à hauteur de la gare et de la tour To Lyon – pour le dédier aux piétons, vélos et transports en commun. Les traversées piétonnes seront plus nombreuses tout au long du boulevard.
Pour les personnes qui souhaitent s’installer dans le quartier, 2 200 nouveaux logements mixtes viendront compléter les 13 500 existants.
Les tours qui existent déjà… et celles en projet
Depuis des années, qu’il soit maire de Lyon ou président de la Métropole, Gérard Collomb n’a jamais caché son enthousiasme pour une skyline (panorama urbain) à la lyonnaise.
Une skyline censée faire écho à la ligne des Alpes, où apparaissaient des tours voisines de l’indétrônable tour Part-Dieu (165 m), le fameux crayon.
Certains immeubles de grande hauteur ne sont plus dans les cartons : Oxygène (117), Incity (170 m), Silex 2 (129 m), Sky 56 (50 m)…
D’autres doivent encore sortir de terre, comme le To-Lyon (170 m) d’ici 2022. Il s’agit du prochain grand projet dans le quartier, en plus du chantier de la gare Part-Dieu.
Cet ensemble immobilier sera composé de 80 000 m² comprenant 66 000 m² de bureaux, un hôtel, un socle de commerces et un parking de 1 032 places.
Des tours pas dans les clous
Alors que la tendance est plutôt à déclasser les autoroutes en ville et reverdir certains quartiers bétonnés, l’équation urbanistique avec ses réalités économiques semble complexe à résoudre.
Ainsi, certains projets ont été écartés avec le temps car désormais contraires au Plan local d'urbanisme et de l'habitat ou plus dans les clous, notamment avec les nouvelles dispositions de la loi Elan (pour Évolution du logement, de l’aménagement et du numérique, dite « loi logement »).
« Avant de lancer des grands projets de ce type, qui s’étalent dans le temps, nous préférons réfléchir afin de bien les penser »
C’est ainsi que le projet de tour Eva de 220 m de haut, tel qu’imaginé en 2013, « n’a plus de réalité en l’état vis-à-vis du PLU-H actuel ».
Quant aux tours Icade, révélée au Mipim 2009, ou Milan, elles semblent jouer « l’arlésienne ».
Ne reste que le projet porté par le promoteur lyonnais DCB International, avec sa tour M + M.
"La Tour M Lyon serait aussi un outil de marketing territorial. Il est facile de balayer d'un revers de main les immeubles de grande hauteur pourtant ils participent au rayonnement de la ville"